Hiver : la vigne en dormance

La dormance
La dormance est une période importante qui permet à la vigne de se reposer et de stocker des réserves pour débuter son prochain cycle végétatif. Durant cette phase, les feuilles sont tombées, la sève ne circule plus pour se protéger du froid, la vigne est donc plus résistante aux conditions hivernales.
Une mauvaise gestion de la dormance peut affecter la croissance et la santé de la vigne, le froid hivernal peut tuer les bourgeons voire dans les cas les plus graves, le pied de vigne lui-même. Pour cela, il est recommandé de couvrir le pied de terre.

La taille de la vigne
Après les périodes de froid, la taille de la vigne commence. Le vigneron coupe les pousses situées à la base du cep, les bois morts et quelques sarments qu’il ne juge pas utiles de garder pour donner plus d’espace aux bois restants et contrôler la surproduction. Lorsque le printemps reviendra, la sève remontera dans les branches ce qui permettra à la pousse de se réactiver.
Une fois la taille réalisée, les bois coupés sont réutilisés. C’est ce qu’on appelle le sarmentage*. Le vigneron les ramasse et s’en sert pour allumer du feu ou les broie et les utilise pour servir d’amendement* à la terre.
Le saviez-vous ? La date du 22 janvier apparaît souvent lorsque l’on parle de la taille. Il s’agit de la Saint-Vincent qui est considéré comme le protecteur et guide des vignerons. Un dicton célèbre dit d’ailleurs « à la Saint-Vincent, l’hiver meurt ou reprend ».
Printemps : le début du cycle de croissance

Mars : la phase de pleurs et le débourrement
Au printemps, la vigne rentre dans sa phase de « pleurs » qui correspond à sa cicatrisation. Les racines vont se remettre à pousser et la sève va, petit à petit, remonter dans le cep. Cette période représente le début du cycle de croissance de la vigne et demande beaucoup d’attention de la part du vigneron.
S’en suit une étape des plus poétiques : le débourrement*. Il s’agit d’un moment clé car les écailles protectrices, qui recouvrent les bourgeons, vont s’ouvrir et laisser apparaître un petit duvet nommé la « bourre » qui donnera les feuilles de vigne.
C’est le moment pour le vigneron de réaliser le calage*, qui consiste à vérifier que les ceps sont correctement plantés, et le carassonage* en s’assurant que les supports pour les plants sont bien en place. Le pliage* est la dernière étape du mois de mars. Le vigneron accroche les branches restantes sur le pied au fil de fer porteur. Ce sont trois étapes primordiales pour la suite de son travail.

Avril - mai : la feuillaison
Une fois le débourrement terminé, la feuillaison, ou croissance herbacée, démarre. À cette période, le vigneron commence le labour de ses terres pour aérer le sol, favoriser l’activité biologique et la pénétration de l'eau. L’herbe ainsi que les autres végétaux sont enlevés pour éviter d’entrer en concurrence avec le système racinaire de la vigne.
À partir d’avril, le vigneron va réaliser la plantation ou le remplacement avec des plants traditionnels (racines nues) en surveillant les risques de gel et les Saints de glace. Le vigneron profite aussi de cette période pour protéger sa vigne contre les maladies comme l’oïdium et le mildiou.
Au mois de mai, les sarments sont devenus bien plus longs, le vigneron peut alors réaliser le palissage de sa vigne. Cela permet de donner la forme voulue aux plants, permettant ainsi une meilleure photosynthèse pour le cep, une aération des branches et suffisamment d’espace pour que les engins mécaniques puissent passer. C’est une étape minutieuse et très importante.
Le saviez-vous ? L’expression des « Saints de glace » est apparue au Moyen Âge. Les vignerons et agriculteurs de l’époque ont constaté une chute drastique des températures entre le 11 et le 20 mai. Ils demandaient donc de l’aide aux cinq Saints de cette période (Mamert, Pancrace, Servais, Yves et Bernardin) pour les aider à protéger leurs futures récoltes du gel. Ils étaient d’autant plus soucieux quand ils apercevaient entièrement la lune rousse car cela signifiait que le ciel était dégagé et que le risque de gel était élevé. Encore aujourd’hui, cette période est redoutée des agriculteurs et vignerons.

Juin : la floraison
Avec la hausse des températures, la vigne entre dans un nouveau chapitre de sa vie avec la floraison qui va durer 2 semaines. Les feuilles sortent et se développent. Les baies de raisins et les fleurs apparaissent petit à petit sur les branches. C’est souvent à cette période que les grappes commencent à s’épanouir et dégagent un léger parfum.
C’est le moment pour le vigneron de faire son ébourgeonnage (ou épamprage)* en coupant les pousses qu’il ne souhaite pas garder. C’est pour lui le moyen d’obtenir une meilleure concentration de raisins et d’éviter les risques de transmission de maladies.
À cette période, la plantation des plants traditionnels n’est plus envisageable mais il est toujours possible de planter de la vigne en pot.
été : la transformation de la vigne

Juillet : la nouaison
L’été est une période riche en changements pour la vigne et pour le vigneron. Lors de la nouaison*, les fleurs vont se transformer en petites baies qui deviendront des grains de raisins. Cette étape débute en juillet mais peut varier en fonction des régions.
Pour que le soleil puisse accéder convenablement aux branches et éviter que les plants soient exposés aux maladies, le vigneron va rogner sa vigne en coupant les sarments trop longs. Cela permet de donner plus d’espace aux branches porteuses de raisins. Cette étape est réalisée en fonction des objectifs de production du vigneron (type de vin choisi, rendement, facilité d’accès avec les machines, etc.).
Un grand travail de surveillance va être mis en place afin de détecter l’apparition de maladies.

Août : la véraison et l’aoûtement
Les grains de raisin vont grossir et changer de couleur, c’est la phase de véraison*. Certains raisins passeront du vert au jaune clair (ou foncé s’ils atteignent la « sur-maturité ») et donneront des raisins « blancs ». Tandis que d’autres prendront la couleur d’un violet foncé voire noir, afin de donner des raisins « rouges ». Enfin, certains raisins prendront des nuances de rose assez léger.
Les jeunes rameaux, quant à eux, vont durcir et changer de couleur en devenant plus bruns. Ils vont donc passer du stade de rameaux à sarments ce qui va leur permettre de résister à l’hiver. C’est ce qu’on appelle l'aoûtement* en lien avec le mois d’août où s’opère ce spectacle.
Automne : la maturation et les vendanges

Les vendanges
C’est l’une des périodes qui demande le plus de travail au vigneron. C’est la phase que tout le monde attend, la période où le raisin arrive à maturité.
Le mois de septembre est la période des vendanges. C’est une phase minutieuse car les raisins doivent être récoltés au moment idéal en fonction des objectifs de production du vigneron (taux de sucrosité ou d’acidité, rendement de la vigne, etc).
Les vendanges peuvent durer jusqu’au mois d’octobre. Une fois cette phase passée, la vigne retournera petit à petit en phase de dormance, finissant ainsi son cycle végétatif de l’année.

La mise en dormance
La fin des vendanges marque une nouvelle étape dans la vie de la vigne : la mise en dormance. Au moment de la baisse des températures, les feuilles tombent et la sève redescend dans le pied de la vigne qui entre alors dans un état d’hibernation. C’est à cette période que le vigneron commence à travailler sur la mise en repos de sa vigne. C'est également à ce moment qu'il faut s'assurer que la vigne ne soit pas malade.
Entre novembre et décembre, vient soit le paillage*, qui consiste à recouvrir le pied de vigne de paille, ou le buttage*, qui consiste à le recouvrir de terre. Ces techniques permettent de conserver la chaleur du sol avant l’arrivée de l’hiver.
Conseil de l'expert : Pour protéger la vigne contre les maladies en fin de cycle, vous pouvez utiliser du sulfate de cuivre qui va agir contre le mildiou et l'oïdium par exemple.